--L'objectif de ce laboratoire
scénique, Atelier Recherche Scène (1+1=3), fondé et dirigé par
Martine Venturelli, n'étant pas dans un premier temps de montrer les
recherches, celles-ci ont d'abord été faites pour elles-mêmes, "Ne rien
aboutir dans un premier temps d'un produit spectaculaire, ne rien
monter ; ne rien avoir à montrer, mais chercher, d'abord pour soi,
acteur" D.-G.Gabily
Cet atelier a accueilli une cinquantaine
de participants. Certains
aujourd'hui appartiennent
à ce groupe de recherches depuis sa création en 1998. D'autres sont ailleurs - cinéastes, comédiens, metteurs en scène,
musiciens - et reviennent ponctuellement pour des collaborations.
Le
théâtre, de par son histoire, induit que l'on s'intéresse à
la danse, à la musique, à la poésie, à la scène comme un tableau, etc... La transversalité enrichit les questions. Nous les avons alimentées entre autres par l'oeuvre de Roméo Castellucci -> celle-ci a abouti à
la production de deux mémoires universitaires : "Rôle de l'image dans Voyage au bout de la nuit,
mise en scène de Roméo Castellucci" ; "Son de la représentation et
musicalité de la langue". L'atelier
a accompagné des étudiants pour leurs mémoires vers le cinéma, par exemple "Du théâtre au cinéma
: Arnaud Desplechin - Léo en jouant dans la compagnie des
hommes.
Comment le jeu de l'acteur shakespearien permet de réinterroger la
dramaturgie du cinéma classique dans la continuité de la Nouvelle
Vague", "La figure d'Orphée dans le film Orphée de Jean Cocteau : le
cinéma et la mémoire".
La prise de parti étant d'étudier en priorité la
langue d'un
auteur, le travail d'une oeuvre en particulier induit des soirées de
lecture des autres oeuvres, soirées qui peuvent être publiques.
Quelquefois, c'est le sujet qui s'enrichit avec la recherche
de son arborescence. Par exemple, Don Juan : Tirso di Molina,
Molière, Didier-Georges Gabily, Da Ponte-Mozart, "The
Servant" Losey, "Le retour de Casanova"
Schnitzler... Ou un
auteur comme Beckett nous a emmenés vers la chorégraphie
(corps et graphie), vers le cinéma muet (B.Keaton),Bram Van
Velde, John Cage, etc...
Mais les recherches théoriques ne sont pas privilégiées. Elles sont
pour enrichir les questions surgissant du plateau où toutes
sortes de danses, de musiques (ethniques, jazz, opéra,musique
contemporaine) et de travail de voix constituent la base même
du travail des comédiens.
Questionner
le regard est pour nous un champ d'expériences.
Qui voit ? De quel point de vue ? Qu'avons-nous
aperçu au-delà des sous-entendus ? Ouvrir le regard car la
complexité, la qualité de notre regard de spectateur sous-tend
déjà notre possibilité d'acteur. Nous partageons des séances de
travail autour de la peinture, de la sculpture. Tout un travail
sur l'attention aux propositions des autres acteurs sur le
plateau ou dans des productions théâtrales, plastiques (performances,
etc.), chorégraphiques, cinématographiques.
C'est sur
des incitations ponctuelles de l'extérieur que nous
avons été amenés à montrer nos travaux. Par exemple, lors d'une
commande pour le "Centenaire de la mort de Lewis
Caroll" au Palais-Royal, Martine Venturelli a présenté
un montage de textes intitulé "Alice" (L.Caroll, Dario Fo)
avec Riwana Mer, actrice. Puis invitée par la Fête Théâtrale
de l'Université de Paris III (2007), elle met
scène "Paul les
Oiseaux", réécriture sous forme de partition
d'un poème
d'Erwann Rougé (2005, Edition Le Dé Bleu)
; et "Constellations
Manque", d'après Sarah Kane (ébauche présentée
à la Fête Théâtrale de Paris III, mai 2008). Actuellement,
elle travaille à l'écriture du texte et à la mise en scène de "Celui
qui ne connaît pas l'oiseau le mange...".
Il y a toujours eu deux types de travail dirigés : une vers
une recherche
individuelle (de formation) et une vers une recherche collective.
Les questions surgissant du plateau ont fait l'objet d'études
à l'intérieur du groupe de recherches, et se sont formalisées à
l'université sous forme de Master 1, Master 2, ou Doctorat. Certaines
publications ont déjà vu le jour (dans des revues théâtrales comme
Alternatives Théâtrales, des revues littéraires comme Les Cahiers
Leiris...), et d'autres formes d'écrits sont en cours d'élaboration et
de parution.
----C'est
aussi l'objectif de cet atelier de recherches de pouvoir échanger,
transmettre, questionner avec d'autres un spectacle proposé.
Nous
avons déjà fait des interventions dans le cadre de classes de secondes
théâtrales. Ces interventions sont de deux types suivant la
demande : elles peuvent être l'animation
d'un débat en moyens ou grands groupes, ou la direction d'ateliers
animés par les comédiens en petits groupes. Nous pouvons, si
nécessaire, transmettre un dossier de projets pédagogiques. De
plus, certains d'entre nous ont déjà mené un travail pour les
ateliers de théâtre de la Ville de Paris, ou pour des bibliothèques.
Ces différents types de rencontres avec le public enrichissent notre
travail et correspondent à notre façon de penser le théâtre dans la
ville. " Le tragique est la sentinelle qui surveille notre humanité." |